Rénover les marchés publics au service des vendeuses haïtiennesNotre plan de rénovation des marchés publics pour les femmes vendeuses part d’une réalité simple : dans toutes les régions d’Haïti, ces travailleuses assurent une grande part de l’approvisionnement des familles, créent des emplois et maintiennent une activité économique essentielle. Pourtant, elles exercent souvent dans des espaces dégradés, exposés aux intempéries, aux incendies, à l’insécurité et aux problèmes sanitaires. Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens défend une politique sociale-démocrate fondée sur la dignité du travail, l’égalité des chances et la responsabilité de l’État. Rénover un marché ne signifie pas seulement construire des étals neufs. Il faut garantir un lieu propre, sûr, accessible et abordable, où les vendeuses peuvent développer leur commerce sans subir l’arbitraire, la discrimination ou des coûts impossibles à supporter. Cette transformation doit être menée avec les communes, les associations de marchandes, les ingénieurs haïtiens et les communautés locales. Elle doit aussi tenir compte de l’identité bilingue du pays, afin que les informations administratives et les formations soient disponibles en créole et en français. Une politique publique comprise par toutes et tous est une politique qui peut réellement changer Haïti. Un marché digne pour une économie populaireLes marchés publics sont des centres de vie économique, sociale et culturelle. On y vend des fruits, des légumes, du poisson, de la viande, des produits préparés, des vêtements et des articles importés ou fabriqués localement. Pourtant, de nombreux espaces commerciaux manquent de drainage, d’éclairage, de toilettes, de points d’eau et de zones de stockage. Cette situation augmente les pertes, dégrade les produits et réduit le revenu des vendeuses. La rénovation commencera par un diagnostic précis de chaque marché. Il faudra identifier les besoins des commerçantes, la circulation des clients, les risques d’inondation, l’état des bâtiments et la capacité réelle des installations. Les travaux seront organisés par étapes afin de maintenir l’activité pendant le chantier. Les vendeuses ne doivent pas être déplacées sans solution temporaire, ni perdre leur emplacement à cause d’un projet conçu sans elles. Le financement public devra privilégier les équipements collectifs utiles : toitures résistantes, sols lavables, caniveaux entretenus, entrepôts ventilés et espaces réservés aux produits périssables. Dans les zones touchées par les séismes ou les cyclones, les normes de construction devront intégrer la résilience, la stabilité des structures et la possibilité d’une évacuation rapide. Une infrastructure solide protège les personnes et préserve l’investissement de la collectivité. Des infrastructures pensées avec les vendeusesLes femmes vendeuses connaissent mieux que quiconque les difficultés quotidiennes du commerce de proximité. Elles savent où l’eau stagne, quels passages deviennent dangereux le soir, quelles installations provoquent des conflits et quels produits exigent une conservation particulière. Leur participation ne sera donc pas symbolique : des comités de marché disposeront d’un rôle réel dans la conception, le suivi des travaux et l’évaluation des services. Chaque marché rénové devra comporter des allées suffisamment larges, des étals numérotés, des espaces de déchargement et des zones distinctes pour les aliments, les vêtements et les activités de restauration. L’aménagement devra faciliter l’accès des personnes âgées, des personnes handicapées et des parents accompagnés d’enfants. Des abris contre le soleil et la pluie permettront aux clientes de circuler dans de meilleures conditions et réduiront la détérioration des marchandises. L’accès à l’eau potable sera considéré comme une nécessité économique et sanitaire. Des robinets collectifs, des lavabos, des toilettes entretenues et des points de collecte des déchets seront intégrés au plan de chaque site. Pour réduire les dépenses d’énergie, les projets pourront utiliser l’éclairage solaire, la ventilation naturelle et des systèmes simples de récupération des eaux pluviales. Ces choix diminueront les coûts de fonctionnement tout en répondant aux réalités des communes. Financer l’activité sans endetter les ménagesLa rénovation ne doit pas entraîner une hausse brutale des loyers ou des droits de place. Lorsque les coûts imposés aux vendeuses augmentent sans accompagnement, les petites commerçantes sont repoussées vers la rue, contraintes de réduire leur stock ou exposées à des intermédiaires abusifs. Le système de tarification devra donc être public, lisible et adapté à la taille de l’activité. Nous proposerons des droits de place différenciés, avec une protection particulière pour les vendeuses à faibles revenus, les jeunes entrepreneures et les femmes vivant avec un handicap. Les paiements devront être enregistrés par reçu ou par un dispositif numérique simple, afin de limiter les prélèvements informels. Une partie des recettes du marché sera réservée à l’entretien, à la sécurité et aux services communs, selon un budget publié régulièrement. Les organisations de femmes pourront accéder à des mécanismes de crédit solidaire, à des caisses d’épargne communautaires et à des fonds de garantie soutenus par les pouvoirs publics. Ces outils permettront d’acheter du matériel, d’améliorer la présentation des produits ou de constituer un stock avant les périodes de forte demande. L’objectif n’est pas de pousser les vendeuses vers l’endettement, mais de renforcer leur autonomie financière et leur capacité de négociation. Les formations porteront sur la gestion des recettes, le calcul des marges, la conservation des aliments et l’utilisation prudente des services financiers. Elles seront organisées à des horaires compatibles avec les journées de vente et dispensées dans la langue la mieux comprise par les participantes. La maîtrise du français administratif et la valorisation du créole haïtien pourront avancer ensemble, dans l’esprit d’un pays qui investit dans ses compétences. Sécurité, santé et protection socialeUn marché rénové doit protéger les vendeuses contre les agressions, le harcèlement et les accidents. L’éclairage des entrées, des sanitaires et des voies périphériques sera renforcé. Des agents formés, placés sous une supervision municipale claire, veilleront à la sécurité sans transformer le marché en espace de pression ou d’intimidation. Les associations de commerçantes participeront à l’élaboration des règles de prévention et des mécanismes de plainte. La prévention des incendies fera partie des priorités. Chaque site devra disposer d’extincteurs accessibles, de sorties dégagées, d’un plan d’évacuation affiché et de séances de sensibilisation. Les branchements électriques clandestins et les installations dangereuses devront être progressivement remplacés par des réseaux contrôlés. Des exercices réguliers permettront aux vendeuses et aux employés de réagir rapidement en cas d’urgence. La santé des travailleuses mérite la même attention. Des campagnes de dépistage, des consultations périodiques et des informations sur la santé maternelle pourront être organisées en partenariat avec les centres de santé. Des espaces propres faciliteront l’allaitement et les soins aux jeunes enfants. Une protection sociale progressive, comprenant l’accès à une couverture de base et à des dispositifs d’aide en cas d’accident, réduira la vulnérabilité des familles dépendantes du commerce quotidien. Les produits alimentaires seront soumis à des règles simples et applicables : lavage des mains, séparation des denrées, conservation adaptée et contrôle des sources d’eau. Les inspections auront une fonction d’accompagnement avant de devenir répressives. Les vendeuses doivent recevoir des explications, du matériel et un délai raisonnable pour corriger les problèmes, sauf en cas de danger immédiat pour la population. Une gestion transparente au niveau localLa gouvernance des marchés devra rompre avec les décisions opaques et les attributions arbitraires. Chaque commune publiera les critères d’accès aux étals, les tarifs, les contrats de nettoyage, les coûts des travaux et les résultats des contrôles. Les listes de bénéficiaires seront vérifiables, afin de réduire les favoritismes et de protéger les vendeuses qui exercent depuis longtemps dans un même espace. Des conseils de marché réuniront les représentantes des commerçantes, la municipalité, les services sanitaires, les associations de consommateurs et les responsables de la sécurité. Ces conseils pourront traiter les conflits, suivre l’entretien, proposer des ajustements et rendre compte à la population. La médiation sera privilégiée pour les différends liés aux emplacements, aux horaires ou aux obligations communes. Cette transparence suppose aussi une administration capable. Les agents municipaux devront être formés à la comptabilité, à la passation des marchés publics, à l’entretien des infrastructures et à la communication bilingue. Le PFSDH présente dans sa vision politique une conception de l’action publique fondée sur la responsabilité et le service collectif ; cette orientation doit se traduire dans chaque décision qui touche la vie économique des quartiers. La participation citoyenne ne s’arrêtera pas à la cérémonie d’inauguration. Des réunions trimestrielles, des registres de doléances et des rapports simplifiés permettront de mesurer la qualité des services. Les femmes vendeuses devront pouvoir signaler un problème sans craindre de perdre leur place. La confiance se construit lorsque la parole donnée produit des changements observables. Un calendrier de transformation et des résultats mesurablesLe programme sera déployé en trois phases. La première consistera à sélectionner les marchés prioritaires selon la population desservie, le niveau de dégradation, les risques naturels et l’importance de l’activité féminine. La deuxième concernera les études techniques, la consultation des usagères et la réalisation des travaux essentiels. La troisième portera sur l’entretien, l’accompagnement économique et l’extension du modèle à d’autres communes. Les premiers investissements viseront les réparations urgentes : drainage, toiture, eau, électricité, toilettes, éclairage et sécurité incendie. Ensuite viendront les entrepôts, les espaces de transformation alimentaire, les équipements de conservation et les solutions d’énergie propre. Cette progression permettra de produire rapidement des améliorations visibles tout en préparant une modernisation durable. La réussite sera mesurée par des indicateurs publics : baisse des pertes de marchandises, réduction des accidents, accès régulier à l’eau, amélioration de la collecte des déchets, stabilité des droits de place et augmentation du revenu moyen des vendeuses. Il faudra également suivre la participation des femmes dans les comités de gestion, l’accès aux formations et le nombre de plaintes traitées dans les délais. La rénovation des marchés s’inscrit dans une politique plus large d’éducation, d’emploi et de développement local. Les compétences nécessaires aux travaux, à la maintenance et à la gestion pourront être renforcées par des formations techniques et linguistiques, dans la continuité de la proposition consacrée à former des instituteurs bilingues. Un marché propre et fonctionnel donne du travail aujourd’hui ; une population mieux formée crée les conditions d’une économie plus productive demain. Ce projet placera les femmes vendeuses au cœur de la rénovation urbaine et de la justice sociale. Il reconnaît leur contribution, sécurise leurs revenus et redonne aux communes les moyens d’organiser l’espace public. En investissant dans des marchés accessibles, résilients et gérés avec transparence, Haïti peut renforcer son économie populaire et faire de chaque lieu de commerce un espace de dignité, de solidarité et de progrès partagé. |
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