Le PFSDH veut créer une caisse de solidarité pour les pêcheurs touchés par les ouragans

Sur les côtes haïtiennes, la pêche fait vivre des familles, approvisionne les marchés et maintient une activité économique essentielle dans de nombreuses communautés. Lorsque survient un ouragan, une tempête tropicale ou une forte houle, les dégâts dépassent souvent la perte d’une embarcation. Les filets sont emportés, les moteurs deviennent inutilisables, les débarcadères sont endommagés et les revenus disparaissent pendant plusieurs semaines.

Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens entend répondre à cette vulnérabilité par la création d’une caisse de solidarité destinée aux pêcheurs sinistrés. Cette proposition s’inscrit dans une vision sociale-démocrate où l’État, les collectivités locales, les organisations professionnelles et les citoyens contribuent ensemble à protéger les travailleurs exposés aux catastrophes naturelles.

Une telle initiative devrait associer secours immédiat, reconstruction durable et prévention. Elle viserait à éviter que les familles de pêcheurs ne basculent dans l’endettement ou l’exode après chaque saison cyclonique, tout en renforçant la sécurité alimentaire et l’économie bleue du pays.

Une réponse aux pertes répétées des communautés côtières

Les pêcheurs artisanaux disposent rarement d’une assurance couvrant leurs outils de travail. Une barque détruite peut représenter plusieurs années d’épargne. La disparition d’un moteur, d’une glacière, d’un GPS, de casiers ou de filets prive directement une famille de son principal moyen de subsistance. À cette perte matérielle s’ajoutent les dépenses médicales, les dégâts causés aux maisons et l’augmentation du prix des aliments.

Dans ce contexte, l’aide d’urgence est souvent ponctuelle et insuffisamment coordonnée. Des dons peuvent parvenir rapidement après une catastrophe, mais ils ne garantissent pas toujours la reprise de l’activité. Une caisse dédiée permettrait de passer d’une logique de compassion temporaire à un mécanisme permanent de protection sociale et économique.

Le projet porté par le PFSDH pourrait couvrir les pêcheurs enregistrés auprès de coopératives, d’associations locales ou de comités communaux. Il devrait aussi tenir compte des travailleurs informels, des aides-pêcheurs, des vendeuses de poisson et des familles qui dépendent indirectement de cette activité.

Un fonds solidaire fondé sur la prévention

La caisse aurait d’abord une fonction de réserve financière. Des contributions publiques, des partenariats avec la diaspora, des financements de la coopération internationale et des apports volontaires pourraient l’alimenter. Une petite contribution des filières de commercialisation pourrait également être envisagée, à condition qu’elle ne pénalise pas les pêcheurs aux revenus les plus faibles.

Le fonds ne devrait pas attendre qu’un désastre survienne pour agir. Une partie de ses ressources pourrait servir à financer des équipements résistants, des abris pour les embarcations, des systèmes d’alerte et des formations sur les itinéraires d’évacuation. La prévention coûte généralement moins cher que le remplacement complet d’une flotte détruite.

La constitution de stocks régionaux serait également utile. Des bâches, cordages, trousses de secours, pièces de moteur, gilets de sauvetage et moyens de communication pourraient être prépositionnés dans les zones côtières. Après le passage d’un ouragan, cette organisation réduirait les délais d’intervention et faciliterait le redémarrage des activités.

Des aides rapides, transparentes et adaptées

Pour être crédible, la caisse devrait établir des critères publics d’accès. Le montant de l’aide pourrait dépendre du type de dommage, de la taille de l’embarcation, de la perte d’équipement et de la situation familiale. Une commission locale, comprenant des représentants des pêcheurs, des autorités municipales et des organisations de la société civile, pourrait vérifier les demandes.

Le versement devrait suivre plusieurs étapes. Une première allocation permettrait de couvrir les besoins urgents, comme l’alimentation, les soins ou le logement temporaire. Une deuxième aide financerait la réparation de la barque et du moteur. Un troisième volet pourrait soutenir le remplacement des filets, la reprise de la commercialisation et la reconstitution des petites entreprises familiales.

La transparence serait une condition essentielle. Les ressources reçues, les critères de sélection, les bénéficiaires et les montants distribués devraient être publiés dans un format accessible en français et en créole haïtien. Des audits indépendants et un mécanisme de plainte contribueraient à prévenir le favoritisme, les détournements et les exclusions injustifiées.

Une politique de résilience pour toute la filière

La solidarité envers les pêcheurs ne peut pas se limiter à la remise d’argent après une catastrophe. Il faut aussi restaurer les mangroves, protéger les zones de débarquement et améliorer l’accès aux marchés. Les infrastructures côtières doivent être conçues pour résister aux vents violents, aux inondations et à l’érosion.

La caisse pourrait financer des projets collectifs plutôt que des aides individuelles uniquement. Une coopérative pourrait recevoir un appui pour acquérir une chambre froide, réparer un quai, installer des panneaux solaires ou organiser le transport des produits de la mer. Ces investissements renforceraient la capacité de toute une communauté à faire face aux chocs climatiques.

La dimension écologique doit également être prise en compte. La reconstruction ne devrait pas encourager la surpêche ni la destruction des habitats marins. Des formations sur les périodes de repos biologique, les tailles minimales de capture et les techniques sélectives permettraient de protéger les ressources dont dépend l’avenir des familles côtières.

Le PFSDH inscrit cette approche dans une conception plus large de l’action publique, fondée sur la dignité, la responsabilité collective et la protection des plus vulnérables. Dans un pays marqué par les crises, l’aide aux travailleurs de la mer doit aller de pair avec la recherche de la paix sociale et de la cohésion nationale. Cette orientation rejoint l’engagement pour la paix défendu par le parti dans son message public.

Une gouvernance partagée entre l’État et les communautés

La réussite d’une caisse de solidarité dépendrait de son indépendance administrative et de son enracinement local. Un organisme national pourrait définir les règles, mobiliser les financements et publier les rapports. Des antennes départementales ou communales seraient chargées d’identifier les besoins et de suivre les projets financés.

Les organisations de pêcheurs devraient occuper une place centrale dans la gouvernance. Elles connaissent les réalités des différentes zones, les itinéraires de pêche, les périodes de forte activité et les difficultés rencontrées par les femmes qui transforment ou vendent les produits. Leur participation limiterait les décisions prises depuis la capitale sans consultation du terrain.

La caisse devrait aussi prévoir des dispositions spécifiques pour les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap. Les femmes jouent un rôle important dans la transformation, la conservation et la vente du poisson, alors que les jeunes peuvent être formés à la mécanique maritime, à la sécurité en mer et à la gestion des coopératives. Une politique solidaire doit reconnaître l’ensemble de cette chaîne de valeur.

Volet de la caisse Soutien prévu Résultat recherché
Secours immédiat Aide alimentaire, soins, logement temporaire Protéger les familles après la catastrophe
Réparation Réhabilitation des barques, moteurs et quais Reprendre rapidement la pêche
Remplacement Filets, gilets, glacières et outils de navigation Restaurer les moyens de production
Prévention Abris, alertes météo, formations et équipements sécurisés Réduire les pertes lors des prochains ouragans
Relance collective Chambres froides, transport et coopératives Améliorer les revenus et la commercialisation
Contrôle citoyen Audits, publication des aides et recours Garantir la confiance et l’équité

Des financements durables pour éviter les promesses sans lendemain

Une caisse de solidarité ne peut pas reposer uniquement sur des collectes occasionnelles. Elle aurait besoin d’un cadre légal, d’un budget annuel et de règles claires concernant les contributions. L’État pourrait prévoir une dotation régulière, tandis que les partenaires internationaux apporteraient un soutien technique et financier sous contrôle des institutions haïtiennes.

La diaspora représente aussi une source importante de solidarité. Des mécanismes numériques sécurisés pourraient permettre aux Haïtiens vivant à l’étranger de contribuer à des projets identifiés dans une commune précise. Chaque financement devrait cependant être rattaché à un objectif vérifiable, avec un calendrier, un responsable et un rapport public.

Une partie des ressources pourrait être placée dans un fonds de réserve afin de garantir une réponse rapide pendant la saison des ouragans. Il serait également pertinent d’étudier un système de micro-assurance subventionnée, donnant aux pêcheurs la possibilité de verser une contribution modeste en échange d’une indemnisation définie à l’avance.

Pour transformer cette proposition en programme opérationnel, plusieurs priorités peuvent guider les premières décisions :

  • Réaliser un recensement national des pêcheurs, des embarcations et des équipements exposés.
  • Installer des comités locaux de gestion dans les principales zones côtières.
  • Adopter des critères simples et publics pour l’indemnisation des dommages.
  • Créer une réserve d’urgence disponible avant chaque saison cyclonique.
  • Publier régulièrement les contributions reçues, les dépenses et les résultats obtenus.

Le changement recherché par le PFSDH ne se mesure pas seulement à la création d’un nouveau dispositif financier. Il se mesure à la capacité de protéger une famille avant la catastrophe, de l’accompagner après le choc et de lui permettre de reconstruire sans perdre son autonomie. Une caisse bien conçue pourrait devenir un instrument de justice sociale, de sécurité alimentaire et de développement local.

Le parti peut désormais porter cette proposition dans les communes côtières, dialoguer avec les associations de pêcheurs et mobiliser les institutions autour d’un cadre concret. Les citoyens, les professionnels de la mer, les collectivités et les partenaires de la solidarité haïtienne ont chacun un rôle à jouer pour faire de cette caisse un engagement public durable, au service d’une Haïti plus résiliente et plus équitable.

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AYITI PAP PERI. NAP CHANJE SA !

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