Un fonds de garantie pour relancer les coopératives paysannes en HaïtiL’agriculture haïtienne fait vivre une grande partie de la population, mais elle reste freinée par un accès limité au crédit, des récoltes exposées aux catastrophes naturelles et des infrastructures insuffisantes. Les coopératives paysannes disposent souvent d’un savoir-faire solide et d’une connaissance fine des territoires, sans pouvoir mobiliser les ressources nécessaires pour développer leurs activités. Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens propose la création d’un fonds de garantie destiné à faciliter les prêts accordés aux organisations agricoles. Ce mécanisme viserait à réduire le risque supporté par les banques, les caisses populaires et les institutions de microfinance, afin que les producteurs puissent investir dans les semences, l’irrigation, le stockage, la transformation et la commercialisation. Cette proposition s’inscrit dans une vision sociale-démocrate de l’économie : soutenir l’initiative locale, protéger les revenus ruraux et faire de l’État un partenaire du développement productif. Elle rejoint le message porté en français et en créole par le PFSDH, dont les orientations peuvent être consultées sur le site du PFSDH. Un outil financier adapté aux réalités ruralesUne coopérative paysanne rassemble des producteurs qui mettent en commun une partie de leurs moyens, négocient collectivement leurs intrants et cherchent à mieux vendre leurs récoltes. Pourtant, même lorsqu’elle possède des terres exploitées, des équipements ou des contrats d’achat, elle peut être considérée comme un emprunteur trop risqué. Les revenus agricoles varient selon la météo, les maladies, les prix du marché et l’état des routes. Le fonds de garantie répondrait précisément à cette difficulté. Il ne remplacerait pas le prêt et ne distribuerait pas directement de l’argent à chaque producteur. Il offrirait plutôt une couverture partielle à l’établissement financier en cas de défaut de remboursement. Grâce à cette garantie publique ou mixte, l’organisme prêteur pourrait accepter des dossiers qui seraient autrement rejetés. Le dispositif devrait être conçu pour les cycles agricoles. Un crédit destiné à acheter des semences ne peut pas être remboursé selon le même calendrier qu’un financement pour une chambre froide ou une unité de transformation. Des périodes de grâce, des échéances saisonnières et des remboursements liés aux ventes permettraient d’éviter une pression excessive sur les coopératives. Libérer l’investissement productifLe manque de financement empêche les agriculteurs d’accroître leur productivité et de conserver une plus grande part de la valeur créée. Faute de silos, de séchoirs ou de moyens de transport, une récolte peut être vendue rapidement à bas prix. Les pertes après récolte réduisent les revenus des familles et fragilisent la sécurité alimentaire nationale. Un fonds de garantie pourrait soutenir plusieurs catégories de projets : systèmes d’irrigation, équipements de production, magasins communautaires, ateliers de transformation, élevage, apiculture, pêche artisanale et énergie solaire pour les installations rurales. Il pourrait aussi accompagner les coopératives qui souhaitent conditionner le café, le cacao, les fruits, les légumes ou les produits dérivés avant leur mise sur le marché. L’objectif serait de faire passer le crédit agricole d’une logique de survie à une logique d’investissement. Une coopérative mieux équipée peut négocier de meilleurs prix, créer des emplois dans sa commune et offrir des débouchés aux jeunes. Le financement devient alors un levier de développement territorial, plutôt qu’une simple avance destinée à couvrir une dépense urgente. La garantie devrait toutefois rester liée à un projet viable. Elle ne doit pas encourager l’endettement sans accompagnement ni masquer les faiblesses de gestion. L’accès au crédit doit être associé à une formation en comptabilité, en gouvernance coopérative, en planification des récoltes et en gestion des risques. Une architecture publique et transparenteLe fonds pourrait être alimenté par une dotation de l’État, des contributions de partenaires au développement, des ressources de la diaspora et des apports d’institutions financières. Une partie des remboursements et des commissions versées par les bénéficiaires pourrait contribuer à sa reconstitution. Le principe essentiel serait de préserver le capital afin que plusieurs générations de coopératives puissent en bénéficier. Sa gestion devrait être confiée à une structure professionnelle, dotée de règles claires et contrôlée par un conseil représentant les pouvoirs publics, les coopératives, les institutions financières et les organisations de producteurs. La publication régulière des montants garantis, des secteurs financés, des taux de remboursement et des résultats obtenus renforcerait la confiance. La garantie ne couvrirait pas nécessairement la totalité du prêt. Une couverture partielle, par exemple, inciterait la banque à continuer d’évaluer sérieusement le projet et la capacité de la coopérative à rembourser. Cette responsabilité partagée limiterait les décisions imprudentes tout en réduisant les exigences de nantissement, souvent impossibles à satisfaire pour les petits exploitants. Le fonds devrait également prévoir des critères d’éligibilité simples. Les coopératives légalement constituées, les groupements de femmes rurales, les associations de producteurs et certaines petites entreprises agroalimentaires pourraient présenter leur dossier. Un guichet déconcentré ou un accompagnement mobile faciliterait les démarches dans les zones éloignées des centres urbains.
Donner une place centrale aux coopérativesLe fonds ne devrait pas être administré sans la participation des personnes qu’il entend servir. Les organisations paysannes doivent pouvoir contribuer à la définition des critères, à l’identification des filières prioritaires et à l’évaluation des résultats. Leur présence permettrait d’adapter le mécanisme aux pratiques locales et aux contraintes propres à chaque région. Une attention particulière devrait être accordée aux femmes. Elles jouent un rôle essentiel dans la transformation, la commercialisation, la gestion des revenus familiaux et l’organisation des marchés locaux, mais elles disposent souvent de moins de garanties personnelles et d’un accès plus faible à la propriété foncière. Des quotas de financement ou des fenêtres dédiées pourraient corriger ce déséquilibre. Les jeunes ruraux devraient également être considérés comme des entrepreneurs et des acteurs de la modernisation agricole. Des prêts destinés aux services de mécanisation, à la production de plants, au numérique agricole ou à la logistique pourraient créer des emplois sans imposer l’exode vers Port-au-Prince ou l’étranger. Pour réussir, le programme devra respecter la diversité des formes d’organisation. Certaines coopératives sont structurées autour d’une culture précise, tandis que d’autres combinent élevage, agriculture vivrière et transformation. Une approche uniforme risquerait d’exclure les initiatives les plus modestes ou les plus éloignées des circuits institutionnels. Protéger le fonds contre les crisesHaïti doit tenir compte de son exposition aux séismes, aux ouragans, aux inondations et aux périodes de sécheresse. Un prêt agricole garanti sans dispositif de protection complémentaire pourrait placer les producteurs dans une situation impossible après une catastrophe. Le fonds devrait donc être associé à une assurance récolte adaptée, à des mécanismes de report d’échéance et à des plans de reprise. La gestion des risques climatiques pourrait inclure des variétés résistantes, des bassins de rétention, l’agroforesterie, la diversification des cultures et l’amélioration des pistes rurales. Le financement ne doit pas seulement permettre de réparer les dommages ; il doit réduire la vulnérabilité avant qu’ils ne surviennent. La question des marchés est tout aussi importante. Une coopérative capable de produire davantage ne progressera pas si elle ne trouve pas d’acheteurs fiables. Les prêts devraient être liés, lorsque cela est possible, à des contrats de commercialisation, à des partenariats avec les cantines scolaires, les hôpitaux, les hôtels et les entreprises de transformation. L’achat public de produits locaux pourrait offrir une demande régulière. La prévention de la corruption exige enfin des procédures vérifiables. Les demandes, décisions de garantie et décaissements devraient laisser une trace numérique ou administrative consultable. Des audits indépendants et un mécanisme de plainte accessible aux producteurs contribueraient à empêcher le favoritisme, les commissions illégales et la captation du fonds par quelques intermédiaires. Priorités pour un déploiement crédibleLe PFSDH défend une démarche progressive, concentrée d’abord sur des filières et des territoires où les organisations disposent déjà d’un minimum de capacité. Un projet pilote permettrait de tester les conditions de crédit, de mesurer les taux de remboursement et d’ajuster les procédures avant une extension nationale. Les résultats devraient être évalués selon des indicateurs concrets : nombre de coopératives financées, emplois créés, hausse des revenus des producteurs, volume de récoltes stockées, part des femmes bénéficiaires, réduction des pertes et évolution de la production locale. Ces données rendraient la politique publique lisible et permettraient de distinguer les effets réels des annonces. Pour établir un fonds solide, plusieurs priorités peuvent être retenues :
Cette méthode donnerait au fonds une portée économique et sociale. Elle aiderait les producteurs à investir sans les exposer à une dette disproportionnée, tout en rassurant les institutions financières sur la qualité des projets soutenus. Le rôle de l’État serait alors de créer les conditions d’une activité durable, plutôt que de se substituer aux coopératives. Un tel mécanisme peut aussi renforcer la souveraineté alimentaire. Lorsque les denrées consommées en Haïti sont davantage produites, transformées et distribuées par des acteurs locaux, les revenus circulent dans les communautés. Les routes, les marchés, les centres de stockage et les services financiers ruraux deviennent liés dans une même politique de développement. La proposition de fonds de garantie portée par le PFSDH appelle une mobilisation des agriculteurs, des coopératives, des professionnels du crédit, des collectivités et de la diaspora. En soutenant un financement agricole transparent, inclusif et adapté aux risques du pays, chacun peut contribuer à faire émerger une économie rurale plus productive et plus juste. Rejoignez le débat, partagez cette vision et participez à la construction d’un Haiti qui change par le travail de ses communautés. |
|
|
AYITI PAP PERI. NAP CHANJE SA ! Soyez les bienvenus entrez S.V.P.
|
Today is:04, Jan 2014 | You are
visitor #:
6316
Votre contribution a ce site est apprecie.
Veuillez nous signaler tous: typos , omission ou/et ,erreur.
Merci webmaster.