Le PFSDH appelle à protéger les habitants des bidonvilles

Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (PFSDH) demande l’instauration d’un moratoire sur les expulsions forcées dans les bidonvilles et les quartiers populaires d’Haïti. Cette mesure doit suspendre les déguerpissements sans relogement, sans information préalable et sans garanties pour les familles concernées. Elle répond à une urgence humaine, sociale et politique qui ne peut être traitée par la seule démolition des habitations précaires.

Dans de nombreux secteurs urbains, des milliers de personnes vivent dans des logements fragiles, surpeuplés ou exposés aux risques naturels. Ces familles ont souvent perdu leur maison à la suite d’un séisme, d’un cyclone, d’une inondation ou de violences armées. Les déplacer sans solution durable revient à aggraver leur précarité et à déplacer le problème vers un autre quartier.

Fidèle à son identité haïtienne, à son engagement social-démocrate et à son message de transformation du pays, le PFSDH défend une politique qui associe sécurité, dignité, urbanisme et justice sociale. Le moratoire proposé ne signifie pas l’abandon de l’aménagement urbain. Il impose plutôt une méthode responsable, fondée sur la concertation, la protection des personnes et la recherche de solutions viables.

Une urgence sociale et politique

Une expulsion forcée produit des conséquences qui dépassent largement la perte d’un logement. Elle peut interrompre la scolarité des enfants, éloigner les familles de leur lieu de travail, supprimer l’accès à un centre de santé et fragiliser les réseaux de solidarité. Dans une économie où de nombreux ménages vivent au jour le jour, le déplacement vers une zone éloignée peut entraîner une perte immédiate de revenus.

Les habitants des bidonvilles ne constituent pas une population étrangère à la ville. Ils la font fonctionner. Ils travaillent dans le commerce, le transport, la construction, les services domestiques, l’artisanat et les activités informelles. Les désigner uniquement comme des occupants illégaux ignore l’histoire de leur installation, l’absence de politiques de logement accessibles et la responsabilité des autorités dans la planification urbaine.

Le PFSDH considère que l’État doit éviter toute opération qui transforme la pauvreté en faute. Lorsque des travaux sont nécessaires pour ouvrir une route, réduire un risque d’inondation ou aménager un espace public, les pouvoirs publics doivent expliquer le projet, identifier les personnes affectées et proposer des alternatives acceptables. La force ne peut pas remplacer la politique publique.

Le moratoire comme mesure de protection

Un moratoire national ou local devrait suspendre les expulsions qui ne reposent pas sur un plan transparent de relogement, d’indemnisation ou de sécurisation foncière. Il devrait également empêcher les opérations conduites de nuit, les destructions sans notification et les déplacements qui exposent les familles à l’errance. Cette suspension doit s’accompagner d’un recensement indépendant des ménages concernés.

Le moratoire ne serait pas une autorisation de construire sans contrôle dans des zones dangereuses. Certaines habitations se trouvent sur des ravins, près de cours d’eau, sous des lignes électriques ou dans des secteurs menacés par des glissements de terrain. Dans ces situations, la protection des résidents exige parfois un déplacement. Celui-ci doit cependant être préparé, financé et réalisé avec leur participation, et non imposé dans la précipitation.

Une commission pluraliste pourrait examiner les projets d’expulsion en réunissant les municipalités, les services de l’État, les organisations communautaires, les associations de défense des droits humains et les représentants des habitants. Son mandat serait de vérifier la nécessité du projet, les risques encourus et la qualité de la solution proposée. Une telle procédure réduirait les abus et rétablirait un minimum de confiance entre les citoyens et les institutions.

Reloger avant de démolir

La priorité doit être donnée à la construction et à la réhabilitation de logements abordables à proximité des bassins d’emploi. Un relogement éloigné, mal desservi et dépourvu d’écoles ou de marchés ne constitue pas une solution durable. Il peut transformer une famille sans domicile stable en famille dépendante de l’aide ou contrainte de revenir dans un autre quartier informel.

Les programmes publics doivent prévoir l’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’électricité, aux voies praticables et aux services essentiels. Ils doivent aussi intégrer les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes cheffes de ménage et les enfants. Le logement ne se résume pas à quatre murs : il comprend un environnement sûr, des droits d’occupation clairs et la possibilité de vivre dignement.

Principe Engagement attendu Résultat recherché
Information préalable Notification claire, réunions publiques et publication des plans Réduire les surprises et permettre la participation
Protection des ménages Recensement, accompagnement social et prise en compte des personnes vulnérables Éviter l’errance et les ruptures familiales
Relogement digne Logements accessibles, services de base et proximité des activités économiques Préserver les revenus et la scolarité
Sécurité foncière Contrats d’occupation, titres adaptés ou garanties de résidence Empêcher de nouvelles expulsions arbitraires
Contrôle citoyen Suivi par les communautés, les municipalités et les organisations indépendantes Assurer la transparence des opérations

La régularisation foncière peut constituer une autre voie lorsque le site ne présente pas un danger immédiat. Des titres simplifiés, des contrats collectifs ou des droits d’occupation protégés pourraient donner aux familles une sécurité minimale tout en permettant à l’État de planifier les équipements. Cette approche reconnaît la réalité urbaine au lieu de chercher à l’effacer.

Sécurité et droits humains doivent aller ensemble

Les bidonvilles sont parfois présentés comme des territoires entièrement contrôlés par des groupes armés. Cette généralisation est injuste et dangereuse. Les habitants sont souvent les premières victimes des gangs, des menaces, des extorsions et des déplacements forcés. Une opération sécuritaire qui détruit leurs maisons sans leur offrir de protection risque de les rendre encore plus vulnérables.

Le PFSDH défend une politique de sécurité républicaine, ciblée contre les groupes criminels et respectueuse des habitants. Le rétablissement de l’autorité publique doit s’accompagner de services de proximité, de mécanismes de plainte et d’un soutien aux familles déplacées. La lutte contre l’insécurité ne peut pas servir de justification générale aux expulsions collectives.

Cette orientation s’inscrit dans les propositions du parti sur la réduction de la violence et le contrôle des armes. Son analyse consacrée au plan de désarmement civil rappelle que la sécurité durable exige une action organisée, une responsabilité institutionnelle et une implication de la population. Protéger les quartiers populaires suppose donc de distinguer les criminels des communautés qui subissent leur présence.

Les opérations de sécurisation devraient être coordonnées avec des équipes sociales et médicales. Avant toute évacuation liée à un danger précis, les autorités doivent prévoir un lieu d’accueil, l’enregistrement des familles, la réunification des proches et la conservation des documents importants. Les enfants séparés, les femmes exposées aux violences et les personnes blessées doivent bénéficier d’une attention prioritaire.

Une gouvernance fondée sur la participation

Une politique de transformation urbaine ne peut pas être décidée uniquement dans les bureaux centraux. Les associations de quartiers, les comités de résidents, les églises, les écoles, les organisations de femmes et les acteurs économiques locaux disposent d’une connaissance concrète des besoins. Leur participation permet de repérer les risques, de corriger les plans et de prévenir les conflits.

Le PFSDH appelle à une coordination entre l’État, les mairies et les communautés. Les responsabilités doivent être clairement réparties, les budgets publiés et les calendriers rendus accessibles. Les populations doivent pouvoir savoir qui finance les travaux, qui attribue les logements et quelles voies de recours sont disponibles en cas de désaccord.

Pour transformer cet engagement en décisions concrètes, plusieurs garanties sont nécessaires :

  • Suspendre toute expulsion sans diagnostic social, environnemental et foncier vérifiable.
  • Organiser des consultations publiques dans la langue comprise par les habitants, en créole et en français.
  • Prévoir un relogement proche, décent et financièrement accessible avant toute démolition.
  • Créer un mécanisme indépendant de plainte, d’indemnisation et de suivi des familles déplacées.
  • Publier les contrats, les cartes des projets et les résultats des opérations d’aménagement.

La communication publique doit également respecter les habitants. Les termes humiliants ou accusateurs nourrissent la stigmatisation et peuvent justifier des abus. Une information claire sur les risques, les droits et les options disponibles favorise une relation plus équilibrée. Dans l’esprit du PFSDH, la participation n’est pas un simple exercice de communication : elle fait partie du droit à la ville.

Des ressources pour reconstruire autrement

La mise en œuvre d’un moratoire exige des ressources financières et une volonté politique constante. Les fonds consacrés aux infrastructures, à la reconstruction et à l’aide humanitaire doivent être orientés vers des projets qui renforcent la résilience des quartiers. Après les séismes et les catastrophes successives, les investissements doivent réduire les risques plutôt que financer des déplacements répétitifs.

Les partenaires internationaux peuvent contribuer à la construction de logements, à la cartographie des zones dangereuses, à la formation des municipalités et à l’amélioration de l’assainissement. Leur soutien doit toutefois respecter les priorités établies avec les communautés haïtiennes. Les projets imposés de l’extérieur, sans transparence ni contrôle local, risquent de reproduire les erreurs du passé.

Des solutions progressives sont possibles : drainage des eaux pluviales, renforcement des maisons, création de voies d’évacuation, amélioration de l’éclairage public, collecte des déchets et ouverture de centres communautaires. Ces interventions peuvent sauver des vies sans provoquer immédiatement un déplacement massif. Lorsqu’une relocalisation reste indispensable, elle doit être accompagnée par un financement pluriannuel et un suivi après l’installation.

Le développement économique local doit compléter la politique de logement. Des chantiers à haute intensité de main-d’œuvre, des formations professionnelles et un soutien aux petites entreprises peuvent permettre aux habitants de participer directement à la transformation de leur quartier. Cette démarche réduit la dépendance et donne une perspective aux jeunes, qui sont trop souvent exposés au recrutement par les groupes armés.

Une vision haïtienne de la dignité urbaine

Le moratoire défendu par le PFSDH porte une vision plus large de la citoyenneté. Il affirme que chaque Haïtien, quel que soit son lieu de résidence ou son niveau de revenu, a droit à la sécurité, à la protection de la loi et à un logement convenable. La ville ne doit pas être réservée à ceux qui peuvent payer un terrain sécurisé ou accéder à un logement formel.

Changer Haïti signifie aussi rompre avec les décisions improvisées, les destructions sans suivi et les promesses non financées. La réforme urbaine doit être planifiée sur plusieurs années, évaluée publiquement et adaptée aux réalités de chaque commune. Elle doit reconnaître la force des solidarités locales tout en donnant aux institutions les moyens d’agir efficacement.

Le PFSDH invite les organisations sociales, les élus locaux, les professionnels de l’urbanisme, les autorités religieuses et les citoyens à soutenir un moratoire protecteur et à participer au débat national sur le logement. Il appelle également les autorités à suspendre immédiatement les opérations coercitives qui ne respectent pas les garanties fondamentales.

Soutenir cette démarche, c’est défendre une reconstruction fondée sur la dignité, la sécurité et la justice sociale. Le PFSDH appelle les communautés à faire entendre leur voix, à documenter les expulsions et à engager un dialogue public pour que chaque projet urbain serve réellement la population.

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AYITI PAP PERI. NAP CHANJE SA !

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