Reconstruire une protection civile capable de protéger chaque HaïtienAprès un séisme, les pertes humaines ne résultent pas uniquement de l’intensité des secousses. Elles sont aggravées par la fragilité des bâtiments, l’absence d’alerte, la concentration des services essentiels et la difficulté d’acheminer rapidement les secours. Reconstruire le système de protection civile en Haïti exige donc davantage que la remise en état de quelques infrastructures. Il faut rebâtir une capacité publique permanente, proche des quartiers et soutenue par les collectivités. Une telle démarche doit associer prévention des risques, secours d’urgence, santé publique, accès à l’eau, logement sûr et accompagnement social. Elle doit aussi reconnaître le rôle des communautés, des organisations locales, des communes, de la diaspora et des institutions nationales. La population ne peut pas être considérée comme une simple bénéficiaire de l’aide : elle doit participer à l’identification des dangers et aux décisions qui concernent sa sécurité. Pour le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens, changer Haïti signifie placer la solidarité, la responsabilité publique et la dignité humaine au cœur de la reconstruction. La protection civile est une mission régalienne, mais elle devient réellement efficace lorsqu’elle s’appuie sur une démocratie locale active et sur des services publics accessibles en français comme en créole haïtien. Tirer les leçons du séismeLa première étape consiste à établir un diagnostic transparent. Il faut recenser les décès, les blessures, les personnes déplacées, les bâtiments détruits, les routes coupées, les établissements de santé inutilisables et les réseaux d’eau endommagés. Cette cartographie ne doit pas rester dans les bureaux de l’administration centrale. Les mairies, les CASEC, les associations de quartier, les ingénieurs et les habitants doivent pouvoir vérifier les données et signaler les besoins urgents. Chaque catastrophe révèle aussi les faiblesses accumulées avant le choc. Une école construite sans normes parasismiques, un hôpital sans réserve d’eau, une route unique reliant une commune isolée ou un centre de secours dépourvu de radio constituent des risques prévisibles. La reconstruction doit donc corriger les causes de la vulnérabilité, au lieu de remplacer à l’identique ce qui a été détruit. Les rapports d’évaluation doivent être rendus publics dans un langage compréhensible. La transparence sur les dons, les marchés publics et l’avancement des travaux est indispensable pour prévenir le gaspillage et restaurer la confiance. Une plateforme nationale de suivi, complétée par des réunions communales, permettrait aux citoyens de connaître les montants mobilisés et les résultats obtenus. Refonder une gouvernance proche des communautésLa Direction de la Protection civile doit disposer d’un mandat clair, de moyens réguliers et d’une coordination stable avec les ministères, les départements et les communes. Pendant une crise, les responsabilités doivent être connues à l’avance : qui déclenche l’évacuation, qui informe la population, qui sécurise les routes, qui organise les abris et qui répartit les secours ? Une chaîne de commandement lisible réduit les retards et les conflits institutionnels. Les communes doivent recevoir des ressources pour préparer leurs propres plans de contingence. Chaque plan devrait identifier les zones exposées, les bâtiments pouvant servir d’abris, les itinéraires d’évacuation, les points de rassemblement et les personnes nécessitant une assistance particulière. Les personnes âgées, les enfants, les personnes handicapées et les femmes enceintes ne doivent pas être ajoutés après coup à la stratégie : leurs besoins doivent être intégrés dès la conception. La communication de crise doit être multilingue et accessible. Des messages courts en créole haïtien, diffusés par la radio, les téléphones mobiles, les haut-parleurs communautaires et les réseaux sociaux, peuvent sauver des vies. Il faut également lutter contre les rumeurs en publiant rapidement des informations vérifiées, avec des consignes simples sur les répliques, l’eau contaminée, les bâtiments dangereux et les services disponibles. Investir dans la prévention et la résilienceLa prévention commence par l’application de règles de construction adaptées aux réalités sismiques du pays. Les bâtiments publics doivent faire l’objet d’inspections prioritaires, notamment les écoles, les centres de santé, les marchés, les commissariats et les lieux d’hébergement. Les nouvelles constructions doivent respecter des normes contrôlées par des professionnels formés et par des services municipaux capables d’intervenir. Il serait irréaliste de penser que toutes les maisons peuvent être reconstruites immédiatement. En revanche, des programmes de renforcement progressif peuvent réduire le danger : réparation des fondations, consolidation des murs, amélioration des toitures et sécurisation des installations électriques. Des artisans locaux peuvent être formés à ces techniques, créant ainsi des emplois tout en diffusant une culture de la construction sûre. La prévention doit aussi protéger les ressources naturelles. Le déboisement, l’occupation anarchique des ravines et l’urbanisation des zones instables amplifient les effets des séismes, des inondations et des glissements de terrain. Les plans d’aménagement doivent tenir compte des bassins versants, des corridors d’évacuation et de la disponibilité des terres. La résilience ne se résume pas à résister à un tremblement de terre : elle consiste à réduire l’ensemble des risques qui menacent les familles.
Organiser des secours rapides et équitablesUn système efficace a besoin de stocks prépositionnés dans plusieurs régions. Les kits doivent comprendre du matériel médical, des bâches, des outils de déblaiement, des moyens de potabilisation, des médicaments essentiels, des équipements de protection et des produits d’hygiène. Une réserve unique dans la région métropolitaine expose tout le pays à des retards lorsque les routes sont coupées ou que les ports sont paralysés. Les équipes de première intervention doivent être formées au niveau départemental et communal. Pompiers, agents de santé, policiers, chauffeurs, enseignants et volontaires peuvent apprendre les gestes de triage, la recherche de victimes, la prévention des incendies et l’organisation des abris. Des exercices réguliers permettent de découvrir les lacunes avant une catastrophe réelle et d’éviter que la solidarité spontanée ne se transforme en désordre. L’aide internationale est précieuse, mais elle ne peut remplacer une capacité nationale. Les partenaires étrangers doivent travailler à partir d’un cadre haïtien, partager leurs informations et renforcer les compétences locales. Les associations de la diaspora peuvent contribuer au financement, à la formation et à la mobilisation de matériel, à condition que leurs actions soient coordonnées avec les autorités et les communautés concernées. Protéger la santé, l’eau et la dignitéAprès un séisme, la réponse sanitaire doit dépasser les soins aux blessés. Il faut prévenir les infections, assurer la continuité des traitements pour les maladies chroniques, soutenir la santé mentale et garantir la prise en charge des femmes et des enfants. Les centres de santé doivent disposer de générateurs, de réservoirs d’eau, de médicaments essentiels et de plans permettant de fonctionner même lorsque leur bâtiment principal est endommagé. La reconstruction ne doit pas transformer les hôpitaux publics en services réservés à ceux qui peuvent payer. La défense d’un réseau hospitalier public solide est inséparable de la protection civile, car les établissements privés ne peuvent pas porter seuls la responsabilité de l’urgence nationale. Cette vision rejoint la défense des hôpitaux publics, qui place l’accès aux soins et l’égalité territoriale au centre de l’action publique. L’eau potable et l’assainissement sont tout aussi essentiels que les soins médicaux. Une citerne contaminée peut provoquer une épidémie dans un camp de déplacés, tandis qu’un système de drainage défaillant peut aggraver une catastrophe secondaire. Les communes rurales doivent être associées à la gestion des sources, des forages, des citernes et des réseaux de distribution. L’accès à l’eau potable pour tous doit être considéré comme une priorité de santé publique et de justice sociale. Financer durablement la reconstructionLa protection civile ne peut pas dépendre uniquement des appels aux dons lancés après chaque catastrophe. L’État doit inscrire un financement annuel dans le budget national, avec une part clairement affectée à la prévention, à la formation, aux équipements et à l’entretien des infrastructures. Un fonds national de résilience, contrôlé par des institutions indépendantes et soumis à un audit public, pourrait financer les projets prioritaires sur plusieurs années. La coopération internationale doit privilégier les investissements qui restent en Haïti. Construire un centre de secours sans former son personnel ni prévoir son entretien ne constitue pas une politique durable. Chaque projet devrait inclure un transfert de compétences, des emplois locaux, un calendrier de maintenance et des indicateurs publiés. Les marchés publics doivent être compétitifs, contrôlables et accessibles aux entreprises haïtiennes capables de respecter les normes. Le Parlement, les collectivités et les organisations citoyennes ont un rôle de contrôle à jouer. Les dépenses engagées dans la reconstruction doivent être comparées aux résultats : logements livrés, écoles sécurisées, routes rétablies, familles relogées et services de santé opérationnels. La solidarité nationale ne peut être crédible que si elle s’accompagne de responsabilité financière. Faire de chaque quartier un acteur de la sécuritéLa population possède une connaissance fine des lieux, des personnes vulnérables et des chemins praticables. Cette expertise doit être reconnue dans les plans de protection civile. Des comités de quartier peuvent organiser des exercices d’évacuation, repérer les bâtiments dangereux, tenir une liste des personnes isolées et transmettre les alertes aux autorités. L’école est un lieu stratégique pour développer cette culture du risque. Les élèves peuvent apprendre les gestes de premiers secours, les comportements à adopter pendant une secousse et les moyens de protéger l’eau. Les enseignants, formés et équipés, deviennent des relais fiables auprès des familles. Les exercices doivent être menés sans créer de panique et adaptés à l’âge des enfants. Des recommandations concrètes peuvent guider l’action publique immédiate :
Reconstruire la protection civile après un séisme est une décision politique autant qu’une nécessité technique. Cela signifie choisir la prévention plutôt que l’improvisation, les services publics plutôt que l’abandon, la coordination plutôt que la dispersion et la participation populaire plutôt que les décisions prises à distance. Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens porte l’ambition d’un État capable de protéger, de soigner et de reconstruire avec la population. Les citoyens, les collectivités, les professionnels et les organisations sociales peuvent contribuer à cette transformation en soutenant les plans locaux, en exigeant la transparence et en faisant de la sécurité collective une priorité permanente. Modifier Haïti commence par construire, ensemble, les institutions qui rendent la dignité possible. |
|
|
AYITI PAP PERI. NAP CHANJE SA ! Soyez les bienvenus entrez S.V.P.
|
Today is:04, Jan 2014 | You are
visitor #:
6316
Votre contribution a ce site est apprecie.
Veuillez nous signaler tous: typos , omission ou/et ,erreur.
Merci webmaster.