Un registre national pour une économie haïtienne plus transparenteLa lutte contre la corruption et l’opacité économique exige des outils publics solides, compréhensibles et accessibles. En Haïti, il est souvent difficile de savoir qui contrôle réellement une entreprise, qui bénéficie d’un marché public ou qui reçoit les revenus d’une société enregistrée au nom de prête-noms. Cette incertitude affaiblit les recettes de l’État, favorise le blanchiment d’argent et réduit la confiance des citoyens dans les institutions. Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens défend une transformation démocratique fondée sur la justice sociale, la responsabilité publique et l’égalité devant la loi. Dans cet esprit, notre projet politique prévoit la mise en place progressive d’un registre national des bénéficiaires effectifs des entreprises, avec des garanties de vérification, de protection des données et de contrôle citoyen. Définir clairement le bénéficiaire effectifLe bénéficiaire effectif est la personne physique qui possède réellement une entreprise, en détient le contrôle ou bénéficie de ses activités, même si son nom ne figure pas directement dans les documents d’enregistrement. Une société peut être officiellement dirigée par un représentant, tout en étant contrôlée par une autre personne grâce à des parts indirectes, des accords privés ou des structures placées à l’étranger. Le registre devra donc dépasser la simple identification du directeur ou de l’actionnaire apparent. Il devra recueillir la chaîne de propriété, le pourcentage détenu directement ou indirectement, les droits de vote, les accords de contrôle et l’identité de toute personne exerçant une influence déterminante. Cette définition harmonisée évitera que des montages juridiques servent à dissimuler les véritables responsables. Cette démarche concernera les sociétés commerciales, les entreprises individuelles présentant certains risques, les associations menant des activités économiques et les entités étrangères opérant en Haïti. Des seuils adaptés pourront être prévus, mais aucune exception ne devra permettre de masquer le contrôle réel d’une entreprise. Créer une autorité responsable et indépendanteLa gestion du registre ne doit pas être dispersée entre plusieurs administrations sans coordination. Nous comptons établir une unité nationale spécialisée, dotée d’un mandat clair, de moyens techniques et d’une autonomie fonctionnelle. Elle travaillera avec le registre du commerce, l’administration fiscale, les services douaniers, l’unité de renseignement financier et les autorités judiciaires. Cette unité aura pour mission de recevoir les déclarations, d’effectuer les contrôles, de conserver les informations et de transmettre les signalements aux institutions compétentes. Elle devra publier des rapports périodiques sur le nombre d’entreprises enregistrées, les déclarations vérifiées, les irrégularités constatées et les sanctions appliquées, sans divulguer les données personnelles protégées par la loi. Son indépendance sera essentielle. Les responsables seront nommés selon des critères professionnels, soumis à des règles de conflit d’intérêts et tenus de rendre des comptes devant les organes de contrôle de l’État. Le registre ne pourra pas devenir un instrument de pression politique, de concurrence déloyale ou de surveillance arbitraire. Organiser une déclaration fiable des entreprisesChaque entreprise devra déclarer ses bénéficiaires effectifs au moment de son immatriculation, puis confirmer ou mettre à jour ces informations à intervalles réguliers. Tout changement de propriétaire, de contrôle, d’adresse légale ou de structure devra être signalé dans un délai défini. La déclaration devra être signée par une personne légalement responsable, qui assumera une obligation de sincérité. Un formulaire standardisé en français et en créole haïtien facilitera les démarches. Les petites entreprises auront accès à des guichets d’accompagnement, à des agents formés et à des procédures simplifiées. La formalisation ne doit pas être conçue comme une punition pour les petits commerçants, les artisans ou les entrepreneurs qui cherchent à entrer dans l’économie déclarée. Les informations essentielles comprendront le nom complet, la date de naissance, la nationalité, le domicile légal, la nature du contrôle et la part détenue. Les documents justificatifs pourront inclure les statuts, les registres d’actionnaires, les contrats de contrôle et les pièces d’identité. Pour les personnes exposées à des risques particuliers, un mécanisme de restriction d’accès pourra être prévu, sous le contrôle d’une autorité indépendante. Construire une plateforme numérique accessibleUn registre efficace devra reposer sur une plateforme numérique sécurisée, mais aussi rester accessible aux entreprises qui disposent de peu de moyens technologiques. Des bureaux physiques dans les départements, des services mobiles et des partenariats avec les chambres de commerce pourront accompagner l’enregistrement. La dématérialisation ne devra pas exclure les zones rurales ou les personnes touchées par la fracture numérique. La plateforme intégrera des contrôles automatiques destinés à repérer les incohérences. Elle pourra comparer les noms, les dates de naissance, les numéros d’identification fiscale, les adresses et les liens entre sociétés. Des alertes seront générées lorsqu’une même personne contrôle un nombre inhabituel d’entreprises, lorsqu’une déclaration contredit les documents fiscaux ou lorsqu’une société change fréquemment de propriétaire. La cybersécurité devra être traitée comme une priorité nationale. Les données seront chiffrées, les accès enregistrés et les utilisateurs administratifs soumis à une authentification renforcée. Des sauvegardes régulières, des audits indépendants et un plan de réponse aux incidents réduiront les risques de piratage, de manipulation ou de disparition des informations. Vérifier les déclarations et corriger les abusLa valeur du registre dépendra de la qualité des vérifications. Une déclaration déposée sans examen ne suffira pas à lutter contre les sociétés-écrans. Les services publics pourront croiser les informations avec les données fiscales, douanières, bancaires accessibles dans le cadre légal, cadastrales, judiciaires et relatives aux marchés publics. Les journalistes, les organisations de la société civile, les syndicats et les citoyens devront pouvoir signaler une information manifestement fausse. Un canal sécurisé permettra de déposer des alertes avec des pièces justificatives. Chaque signalement fera l’objet d’un examen selon une procédure documentée, afin d’éviter les dénonciations malveillantes ou motivées par des conflits commerciaux. Lorsqu’une anomalie sera confirmée, l’entreprise devra disposer d’un délai pour corriger sa déclaration. La fausse déclaration intentionnelle, le refus de coopérer, l’utilisation de prête-noms et la destruction de documents entraîneront des sanctions proportionnées. Celles-ci pourront comprendre une amende, la suspension de certaines formalités, l’exclusion temporaire des marchés publics et, dans les cas graves, des poursuites judiciaires. Garantir la transparence sans violer la vie privéeLa transparence économique ne signifie pas que toutes les données personnelles doivent être exposées sans limite. Le registre distinguera les informations destinées au public, celles réservées aux autorités habilitées et celles accessibles uniquement dans le cadre d’une enquête judiciaire. Le nom de l’entreprise, la nature du contrôle et l’identité du bénéficiaire pourront être consultables selon des règles précises, tandis que les données sensibles seront protégées. Une loi spécifique définira les finalités du traitement, la durée de conservation, les droits de rectification et les voies de recours. Toute personne pourra demander la correction d’une erreur, contester une inscription abusive et être informée de l’usage légal de ses données. Les agents qui consulteront ou divulgueront les informations en dehors de leurs fonctions seront passibles de sanctions. La protection sera renforcée pour les mineurs, les victimes de violence, les lanceurs d’alerte et les personnes exposées à une menace sérieuse. Une commission de contrôle comprenant des représentants de l’État, de la justice, du secteur privé et de la société civile pourra évaluer régulièrement l’équilibre entre intérêt public et protection individuelle. Relier le registre aux marchés publics et aux recettesLe registre prendra toute sa portée lorsqu’il sera relié aux politiques de passation des marchés publics. Une entreprise candidate à un contrat de l’État devra déclarer ses bénéficiaires effectifs avant l’examen de son offre. Les autorités pourront ainsi repérer les conflits d’intérêts, les sociétés liées à un même groupe et les situations où un responsable public contrôle indirectement un soumissionnaire. Cette vérification aidera également à lutter contre la surfacturation, les ententes et la réutilisation de sociétés créées uniquement pour obtenir des contrats. Les données pertinentes devront être comparées avec les déclarations de patrimoine des responsables publics, dans le respect des procédures légales. Aucun fonctionnaire ne devrait pouvoir attribuer des ressources publiques à une structure qu’il contrôle secrètement. L’administration fiscale et les douanes utiliseront aussi ces informations pour améliorer le recouvrement et cibler les risques. Il ne s’agit pas de multiplier les contrôles contre les entreprises honnêtes, mais de mieux identifier les mécanismes d’évasion, les transferts artificiels de bénéfices et les importations liées à des sociétés fictives. Une économie plus transparente permettra de financer davantage les services essentiels. Déployer la réforme avec les acteurs haïtiensLa création du registre se fera par étapes. Une première phase établira le cadre légal, les définitions et les responsabilités institutionnelles. Une deuxième permettra de tester la plateforme auprès d’un groupe d’entreprises volontaires et de secteurs présentant un risque élevé. La généralisation devra être accompagnée d’une campagne d’information, de formations et d’un délai raisonnable de mise en conformité. Les organisations patronales, les professionnels du droit et de la comptabilité, les collectivités territoriales, les universités et les associations citoyennes seront associés à la conception du dispositif. Leur participation aidera à repérer les obstacles pratiques et à éviter une réforme rédigée uniquement depuis la capitale. Le registre devra fonctionner dans les réalités administratives, économiques et linguistiques du pays. Une coopération avec les pays voisins et les partenaires internationaux facilitera l’identification des propriétaires dissimulés derrière des sociétés étrangères. Les échanges d’informations respecteront les accords applicables et les garanties judiciaires. En rendant les structures économiques plus lisibles, Haïti pourra renforcer ses recettes, attirer des investissements responsables et rétablir progressivement la confiance entre l’État, les entreprises et la population. |
|
|
AYITI PAP PERI. NAP CHANJE SA ! Soyez les bienvenus entrez S.V.P.
|
Today is:04, Jan 2014 | You are
visitor #:
6316
Votre contribution a ce site est apprecie.
Veuillez nous signaler tous: typos , omission ou/et ,erreur.
Merci webmaster.